Pour cette exposition, la Petite Galerie est dédiée au peintre arlésien Antoine Raspal.
Artiste majeur du XVIIIᵉ siècle, il occupe une place essentielle dans l’étude du costume et de la mode. Il est aussi, sans conteste, la source la plus fiable pour la représentation de la mode arlésienne au siècle des Lumières.

Admirez, dans les portraits présentés, la qualité d’exécution des textiles et des dentelles. Ses sœurs, Catherine et Thérèse Raspal, dirigeaient un atelier de couture situé place ou rue du Sauvage, dans les ruines des thermes de Constantin, au bord du Rhône, à quelques mètres d’ici. Elles étaient, pour la société arlésienne, ce que Rose Bertin fut à la cour de Marie-Antoinette : elles dictaient la mode et créaient les robes les plus en vogue parmi les aristocrates et les grandes bourgeoises de la ville.

Observez le portrait de cette jeune aristocrate vêtue de mauve pâle. Sa robe à la polonaise est somptueusement ornée de rubans de soie chinés à la branche et de plissés de gaze. Autour du cou, suspendu à un ruban de velours, elle porte le portrait miniature de son mari, serti de diamants. Quel luxe, quel raffinement !

Au centre de la composition, Antoine Raspal nous plonge dans l’intimité de Monsieur Noguier, bourgeois arlésien et négociant en soie avec la ville de Lyon.
Habitant du quartier de Trinquetaille, situé de l’autre côté du Rhône, il est assis à son bureau, plume à la main, en pleine rédaction d’un courrier. Le col de sa chemise est ouvert nonchalamment, et sa robe de chambre en soie lyonnaise laisse apparaître un gilet et une culotte brodés, appartenant à un habit à la française de grande qualité, peint avec la précision d’un orfèvre.

Au-dessus de lui, deux gravures en trompe-l’œil, réalisées par le sculpteur et graveur arlésien Jean-Joseph Balechou. La rue Balechou correspond aujourd’hui à la façade Est du musée !

Poursuivons la visite vers le grand escalier ou, si besoin, empruntez l’ascenseur sur votre gauche.