Vous venez de pénétrer dans une nouvelle salle.
Ici, vous allez plonger dans l’univers de la mode au XIXᵉ siècle.
Sur votre droite, observez la vitrine consacrée à la mode sous le règne du roi Charles X. Les dames portaient alors des corsages et des robes aux manches particulières, appelées « manches gigots ».
C’est aussi à cette époque qu’avait lieu, chaque année, la Grande Promenade. Elle se déroulait le premier dimanche après le 15 août. D’abord organisée aux Alyscamps, elle se tenait ensuite sur les Lices, à quelques pas d’ici, et attirait une foule considérable.
Pendant plusieurs mois, les jeunes Arlésiennes préparaient en secret des toilettes étonnantes, dans l’espoir de séduire le public. Des chroniqueurs de mode et des feuilletonnistes venaient spécialement pour décrire les tendances et les plus belles créations. Cette véritable compétition de style s’est arrêtée à la fin des années 1830, mais elle reste encore aujourd’hui l’un des phénomènes de mode les plus marquants pour la ville : les femmes y étaient à la fois créatrices et modèles.
Tout au long du XIXᵉ siècle, le costume arlésien a continué d’évoluer, influencé par les tendances venues de Paris, par les progrès de l’industrie textile, mais aussi par le développement du chemin de fer et des échanges commerciaux. Les expositions universelles, les foires locales comme la Foire de Beaucaire, et l’essor des grands magasins, ont également marqué le goût des Arlésiennes et leur manière de s’habiller.
Regardez maintenant les rubans de coiffe. Apparus dans les années 1820, ils n’ont jamais quitté la tête des femmes d’Arles, mais leur style a beaucoup changé.
D’abord en soie fine, noués et gansés, ils deviennent dans les années 1840 de riches rubans de velours colorés, ornés de motifs spectaculaires. Après 1850, le satin brillant s’impose comme support ; il met en valeur des dessins en velours qui évoluent au fil du temps, jusqu’à devenir monochromes. À la fin du siècle, ces rubans se raccourcissent : la coiffe ne recouvre plus toute la tête, mais seulement le peigne indispensable à la célèbre coiffure des filles d’Arles.
En parallèle, les formes des jupes et des corsages suivent de près les nouveautés parisiennes. Même les fichus, et la manière de les disposer sur le buste, traduisent ce désir de rester dans l’air du temps.
Mais aux portes de la Première Guerre mondiale, le costume traditionnel d’Arles commence à disparaître. Les jeunes femmes rêvent désormais des créations de Paul Poiret, Madeleine Vionnet ou des sœurs Callot. Les derniers costumes arlésiens se simplifient : certains ressemblent à des tailleurs ou des trotteurs, d’autres à des robes fluides de satin, parfois ornées de perles et de passementeries géométriques.
Après la guerre, le deuil national et la nécessité pour les femmes de remplacer les hommes dans de nombreuses tâches précipitent encore cette évolution. Désormais, le costume d’Arles n’est porté que par les générations les plus anciennes, et seulement lors d’occasions particulières.
Nous espérons que cette étape de la visite vous a plu.
N’hésitez pas à revenir en arrière si vous souhaitez revoir un détail, ou à compléter vos découvertes grâce aux cartels et aux notices des œuvres.
Nous vous donnons rendez-vous bientôt, pour revoir cette exposition ou découvrir la prochaine qui révèlera de nombreuses autres surprises.

