Du 22 mai au 20 septembre 2026 

Commissaires de l’exposition – Valerio Zanetti & Clément Trouche

L’exposition « Amazones ! Cavalières et icônes de mode » ouvre ses portes au musée de la Mode et du Costume à Arles, du 22 mai au 20 septembre 2026.

Au cœur de son nouveau musée arlésien, Fragonard révèle l’histoire des costumes équestres féminins en Europe et leur influence dans la mode, de l’Antiquité jusqu’à nos jours.

Historiquement, l’équitation a joué un rôle crucial dans le processus d’émancipation des femmes. Depuis la Renaissance, on conçoit pour chaque pratique équestre des costumes spécifiques, dont les conséquences dépassent les seules dimensions visuelles et symboliques. Aussi bien l’emprunt à la garde-robe masculine que la création de nouvelles formes vestimentaires, incitent celles qui seront bientôt dénommées « amazones », à remettre en question leur position dans la société. Le public est invité à découvrir l’histoire de ces femmes, dont la force et la beauté ont souvent été autant fantasmées que mécomprises.

L’exposition rassemble des prêts provenant d’institutions nationales emblématiques. Parmi les structures parisiennes, nous trouvons le Petit Palais, la Bibliothèque nationale de France, le musée Condé, le musée d’Orsay, le musée Carnavalet et le musée des Arts décoratifs, auxquelles s’ajoutent le musée national de la Renaissance d’Écouen, les châteaux de Compiègne et de Cadillac, les musées des Beaux-Arts d’Orléans, de Pau, du Mans, de Sceaux, et de Libourne ou encore le Mucem et le Muséon Arlaten.  Plusieurs musées britanniques se joignent à la liste des prêteurs, tels que le Fashion Museum of Bath, le Royal Albert Mémorial Museum, le Glove Collection Trust, Herfordshire Museum et Norwich Museum. Les pratiques équestres ont en effet un rôle essentiel au sein de la culture du Royaume-Uni. Des pièces en provenance de musées suédois abritant des collections emblématiques complètent le parcours de l’exposition. Pour l’occasion, chacun d’entre eux a accepté de décrocher quelques œuvres majeures de ses collections ou recherché des trésors, enfouis parfois depuis des siècles dans ses réserves.

La selle du XVIIᵉ siècle de la Reine Christine de Suède, appelée « l’Amazone du Nord » ou « l’Amazone Gothique », côtoie les portraits équestres des femmes illustres de la cour de Louis XIV, réunis pour la première fois depuis presque 350 ans. Les portraits de la Grande Mademoiselle en amazone, celui de Marie Leszczynska devant le Château de Fontainebleau, ou encore, au XIXᵉ siècle, les dessins de Degas et de Constantin Guys, font tous face aux vêtements des amazones de leur temps. Parmi ces portraits, certains représentent l’une des amazones les plus célèbres de son époque : l’Impératrice des Français, Eugénie !

L’ensemble des espaces d’exposition rassemble plus d’une centaine d’œuvres qui nous dévoilent leurs secrets de mode, sur une période qui s’étend de la Renaissance à la Révolution, de l’Empire aux podiums de la mode contemporaine. Cette exposition donne à voir l’évolution de la mode des amazones au fil des siècles et nous fait également découvrir comment leur histoire a permis aux cavalières, aux chasseresses, mais aussi aux femmes politiques, promeneuses et écuyères professionnelles, de s’engager et de contribuer à révolutionner leur identité, allant jusqu’à devenir parfois une véritable raison d’être. Considéré dans un premier temps comme un défi aux conventions vestimentaires traditionnelles, l’habit d’Amazone se transforme progressivement en un élément incontournable de la garde-robe de la femme élégante. À la recherche d’éclat et de confort, ces Amazones ont puisé dans le vestiaire masculin les matières, les agréments et le savoir-faire des tailleurs afin de créer des silhouettes emblématiques, qui ont rapidement gagné une place iconique dans l’univers de la mode féminine, bien au-delà des carrousels et des chasses à courre.

C’est d’abord grâce au costume d’Arles, que, après la Seconde Guerre Mondiale, à l’occasion des fêtes traditionnelles, trois femmes vont s’imposer en amazone sur leur cheval, seules au milieu des hommes. Puis, c’est au tour de celles dont les grands-mères pratiquaient la monte en amazone pour déplacer les bêtes des manades ou se rendre en ville de les imiter ; Reines d’Arles en tête. Créée en 1512, l’Antique Confrérie des Gardians de Camargue, protège et rassemble les cavaliers de métier. En 2001, un groupe de femmes et de filles de gardians s’associent et émerge au sein de cette institution masculine, et commence à proposer des spectacles de dressage ou de travail du bétail en amazone. Le retour en force de cette pratique rendue visible grâce aux réseaux sociaux et à la diffusion des performances équestres, suscite aujourd’hui chez les jeunes filles de Camargue un engouement sans précédent. À ce jour, la démocratisation de cette monte est accomplie, et elle est enseignée au sein de classes spécialisées dans les écoles d’équitation camarguaise dès l’âge de 7 ans.

Le musée de la Mode et du Costume confie à Valerio Zanetti, docteur en Histoire et spécialiste des pratiques équestres féminines du Grand Siècle, le commissariat scientifique de l’exposition. Un travail de recherches de plus de 10 ans, partagé avec un public de passionnés mais aussi de néophytes prêts à découvrir un chapitre extraordinaire de l’histoire occidentale.  Dans le catalogue qui accompagne cette exposition, figurent les aimables contributions de spécialistes internationaux. Un colloque, dont la programmation sera annoncée sur le site internet du musée, se tiendra lors des journées d’ouverture. Rendez-vous à Arles dès le 22 mai 2026, pour un voyage au grand galop au pays des Amazones !