du 27 mars au 26 avril 2026
Depuis le XVIIIᵉ siècle, le costume singulier qu’on associe traditionnellement à la figure du torero enflamme les passions. Il attire l’œil et éveille l’intérêt de ceux qui le croisent. Inspiré des vêtements de la cour des Bourbons, il atteste une identité forte, éprise d’influences diverses. Entre coutumes et pratiques aristocratiques, les costumes évoluent grâce à l’influence de l’esthétique des toreros issus du peuple.
C’est au XIXᵉ siècle et notamment à travers l’opéra Carmen de Georges Bizet, avec son personnage d’Escamillo, que la figure du torero se transforme en toréador.
Sur le sable comme sur la scène, la lumière émane de chaque mouvement, ce qui donne aux motifs du costume un souffle de vie.
Découvrez dans cette « exposition dossier » des pièces uniques tant appréciées par le peintre espagnol Francisco de Goya, venues de la collection privée d’Alberto Perales à Madrid mais aussi des archives de la maison de couture Christian Lacroix datant des années 1987 et 1989. À l’instar de Picasso ou de Cocteau, le couturier arlésien nourrit en lui la fascination de ces costumes aux couleurs éclatantes, entièrement brodés d’or, qu’il aperçoit dans l’amphithéâtre deux fois par an, et qui deviendront par la suite un élément de langage récurrent et identitaire de son style.
Les toreros et toréadors inspirent largement d’autres créateurs, comme Yves Saint-Laurent qui, en 1977 et 1979, succombe aux charmes de ce personnage orgueilleux et interprète à sa manière l’habit de lumière. Il confère à la femme moderne le pouvoir attribué à cette figure noble et populaire, symbolisant un archétype androgyne sophistiqué et sensuel tout en défiant les normes de genre dictées par la société occidentale.
Peintres, cinéastes, photographes, metteurs en scène et plus récemment instagrameurs fixent, au-delà des préjugés, ces corps masculins apprêtés, en bas de soie et broderies métalliques rehaussées de pierres taillées et de paillettes, derniers vestiges d’un XVIIIᵉ siècle baroque fantasmé.




